•    Elliptiques, tes yeux font le tour de mes sens
       Lumineux et incendiaires, ils allument l'essence
       Inavouée de l'émoi que provoque en moi
    ta Nudité révélée sans peur sous mes doigts
       E
    t la violence de cette passion de Toi.

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  • Quand, euphorique, amphorique,
    Elastique, ton corps oscille,
    Le mien, chaotique lui aussi,
    Tremble sous tes caresses anarchiques

    Tes soubresauts déforment le dessin
    Epuré, grâcieux du galbe de tes seins
    Et quand tu frôles le creux de mes reins,
    Mes frissons sont d'une nuit sans lendemain

    Soudain, j'embrase tes lèvres,
    Et embrasse leur doux velours;
    Je goûte avec volupté la sève
    Des folies de notre amour.

    Alors, le désir, infernal, nous saisit,
    Dans ses lascifs horizons charnels,
    Dans ses formes érotiques les plus belles
    Et dans l'émoi intense de nos envies.


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  • Je ne fais pas de cas d'hâvres...

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  •     La fin de la journée approchait. L'étoile de feu dans le ciel achevait lentement sa course célèste, inondant collines, forêts, hommes et ciel du reflet cramoisi de son vif rayonnement incandescent. Le rougeoiement sanguin se reflétait également sur le visage pâle de Randy, lequel observait le magnifique coucher de ce soleil d'automne.

        Randy était un jeune garçon âgé de treize hivers. Petit, frêle, les cheveux blonds coupés courts, il conservait sur son jeune visage les traces de dures épreuves. Les cicatrices qui fleurissaient sur sa peau blanche semblaient s'être creusées après le passage de ses larmes, comme si celles-çi avaient érodé son visage, remodelé ses traits jadis purs et délicats. Mais Randy ne pleurait plus depuis bien longtemps, sinon des larmes de sang. La vie qu'il avait mené jusqu'alors, si courte fut-elle, l'avait endurci et rendu insensible à la douleur, en apparence tout du moins.

         Bien qu'il fut encore totalement immature (comme il en va d'ordinaire pour les jeunes garçons de son âge), sa jeunesse semblait s'être éclipsée avec une célérité foudroyante ; le maigre poids de ces treizes années s'était affaissé, avait glissé, était tombé à terre, virevoltant à l'instar des feuilles mortes qu'il contemplait à présent, perché sur le muret de bêton de son foyer éducatif. Il ne jouait pas avec les autres enfants, non parce qu'il avait l'âme solitaire et poète, mais parce qu'il était tout simplement puni (il avait en effet envoyé le ballon de football avec force au visage de l'un de ses coéquipiers, sous prétexte que ce dernier l'avait géné dans son action héroïque vers le but adverse... Le résultat fut que son équipe perdit le match, privée de deux joueurs : l'un blessé, l'autre au coin.).


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  •      Les cîmes immaculées trônaient sur les imposantes masses rocheuses qui semblaient vouloir nous écraser dans un grondement pourtant silencieux. Une étrange et opressante sensation d'étouffement s'empara de nous alors que, enfermés et entassés à l'intérieur d'un vaste monospace, nous gravîmes lentement l'interminable versant de la montagne, le coeur dans nos poitrines se balançant au rythme des virages dragués. Main dans la main, même dans l'amen, sur le versant, versant l'un pour l'autre un regard, un sourire, tous deux mouillés, pensant au lendemain ; nous retenions notre respiration rendue saccadée et irrégulière par la pénible ascension qui s'achevait, au sommet ou presque, par une bonne après-midi en perspéctive aux couleurs de jeux d'hivers aux "je" divers, sans oublier bien sûr les "je t'aime"...

        Enfin le sommet, après la somme assomante des virages inombrables et le sommeil de cette évasion soporifique ascensionnelle, à sens unique et sensationnelle aux sensations d'Elle. Pure et éclatante nitescence scintillant là où, dans une attitude inavouée de supériorité, nous posons notre regard d'une fière altitude sur le rifdicule spectacle des villages et villes âgées en contrebas, qui nous paraissaient si importants, si grands...

        C'est alors que notre condition humaine s'étiole, à mesure que nous prenons conscience de notre statut de poussières dispersées, midérables au gré de l'éternité et de l'immensité. Mais, à vrai dire, la condition humaine importe peu lorsque, perchés à mille-huit-cents-soixante mètres, le bonheur dont la pureté n'a d'égal que le sol neigeux, réchauffe l'atmosphère glacée des environs.


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