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    Mais hier déjà est éteint au feu de demain. Et les jours qui s'annoncent, longs comme des siècles ont le parfum des espoirs incertains, la fragrance doucereuse des doutes-certitudes. Le train avait fini par quitter la gare avec quelques retards plus ou moins prévisibles, avec quelques lambeaux arrachés à la hâte, plus ou moins souhaités.

    La mi-journée était entamée, et en quelques heures nimbées de brouillard matinal, j'avais brisé les entraves éparses qui me tenaient prisonnier. Je me trouvais à la croisée des chemins. Black out. Ou bien au contraire, white light... Quels chemins ? Tu parles, rien que des allées semées de feuilles mortes avec l'été, des peupliers, des peuples liés, liés par ce que moi, je venais de rompre, sur un coup de tête ; les yeux aussi embrumés par mes espoirs ahuris que Nancy par son voile grisâtre à l'image de sa misère qui dégueule sur les trottoirs, en gerbes acides.

    Le TGV était parti à douze-heures quinze pétantes e direction de Nantes ; après une brève escale par la capitale, il reprit son rythme aux cahots fort inconfortables, encore qu'adoucis par la poitrine de velours de ma compagne, celle pour qui j'avais maintenant enterré ma vie fantôme en espérant une aube nouvelle...


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  • Voici le début, en partenariat avec Julien, qui écrit de son côté...

        Ding Dong ! Les douze coups de minuit venaient d'entamer leur sépulcrale résonance dans la nuit étoilée qui couvrait Paris en ce jour du 17 juin 1902. Je me dirigeai dans les bas-fonds les plus insalubres de la ville , là où pas même un vétuste réverbère n'apportait suffisamment de lumière pour éclairer les pavés. Marion, c'était son nom. Encore une de ces nombreuses filles de joie qui hantaient les bordels parisiens, accrochant à leurs clients un sourire pervers aux lèvres, déjà aussi humides que leurs yeux ; fille que l'on m'avait chargé d'interroger, dans le cadre d'une étrange affaire d'incendie. J'entrai alors dans la maison close et bientôt, une demi-douzaine de créatures vaguement vêtues de cache poitrines plus ou moins courts m'accostèrent à la manière de ces nuées de carnassiers fondant sur leur macabre repas. Je parvins à échapper à leurs suggestions salaces en les évitant le mieux possible. Je montai alors à l'étage où l'on m'avait dit que je pourrais rencontrer Marion. Un petit homme rondouillard frappa à la porte d'une chambre sur ma demande :

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

    « -Marion ? appela-t-il
    Une voix suave, quoiqu'un peu essoufflée répondit :
    - Qu'y a-t-il, Anton ?
    - Un certain « Monsieur » Paul de Concorde veut te voir, ma biche. »

    <o:p> </o:p>

        L'évocation du « Monsieur » avait été donnée avec une pointe d'ironie bien malhabilement dissimulée. Tant de gentilshommes venaient en secret dans ces bordels connaître un amour physique moins catholique et bien plus charnel que celui qu'ils partageaient avec leurs saintes épouses, engoncées dans leurs « Doux Jésus ! » sacerdotaux.
        Je patientai sur le pas de la porte, attendant que Mademoiselle ait fini son office. Deux minutes plus tard, un petit homme chauve sortit de la chambre portant lorgnons, pantalon noir, chemise blanche et un par-dessus passablement élimé qui devait jadis être d'un noir de jais. Je m'écartai pour le laisser passer, puis je pénétrai à l'intérieur et découvris une stupéfiante ambiance pourpre. De somptueux chandeliers projetaient leur lueur vacillante sur des coussins violets râpés, qui reposaient sur un grand lit aux draps mauves, bordé de splendides moulures dorées où s'accrochaient tentures et baldaquins d'un carmin des plus érotiques. La jeune fille qui se tenait à genoux sur le lit, les jambes recouvertes par un enchevêtrement de draps au parme entêtant, dégageait une odeur sauvage et aphrodisiaque. Elle était à grande peine vêtue d'un court bustier amarante, en harmonie parfaite avec ses lèvres purpurines et sa sensualité aguicheuse à fleur de peau. Le galbe parfait de ses formes était enivrant, et la cascade de ses cheveux d'ébène ricochait en boucles soyeuses sur ses épaules veloutées. Ses yeux enfin, avaient la couleur intense des nues azurées. Je restai interloqué pendant un court instant qui, pourtant, me parut éternel.


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  • Un pleureur de plume s'est dissimulé dans l'ancre de ces encres criées, sauras-tu le retrouver ?

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  • Alors que les ombres s'étendent
    Sur les collines assoupies,
    Tes soupirs, mon Amour, s'entendent
    Jusque dans la fraîcheur de la nuit...


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  •     Blanc, tout est blanc Les murs capitonnés sont blancs, le plafond est blanc, le sol est blanc,, l'uniforme est blanc, l'horizon est blanc. La vision est brouillée, rendue floue par les larmes honnies à l'harmonie brisée, piétinée par la condition misérable dans laquelle Randy était à présent enfermé, oui enfermé..."Dangereux pour lui-même et pour les autres", comme ils disaient (surtout pour les autres en vérité, ce qu'ils craignaient évidemment le plus...)

        Il subsistait, dans son esprit, une ultime et étroite fenètre sur le monde extérieur au travers de laquelle il revoyait les paysages qui bordaient jadis son monde de liberté...

     

    Texte à suivre par d'autres, d'une longue série sans doute. Navré pour le long et pénible silence (encore que, sans aucun doute moins pénible pour vous que pour moi !)


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